Omar Ghrib ouvre son cœur à la chaîne “El Khabar TV”

Animé par son amour pour le club, Omar Ghrib, ancien coordinateur général du MC Alger, est sorti de son silence après une longue absence de la scène footballistique algérienne.
Ghrib a préféré lever le voile sur certaines affaires qu’il a connues durant sa gestion du doyen, en particulier en ce qui concerne la manière de diriger le club et le différend qui l’opposait aux responsables qui se sont succédé à la tête du Mouloudia d’Alger. Il a critiqué la politique défaillante adoptée par ces derniers, estimant que son parcours avec le Mouloudia était de loin meilleur en termes de stabilité et de résultats, comparé aux gestionnaires actuels du club de la capitale.
Invité de la chaîne El Khabar TV, dans le tout premier épisode du podcast “Replay” animé par le journaliste Rafik Wahid, rédacteur en chef adjoint, l’ancien coordinateur général du Mouloudia, Omar Ghrib, est revenu sur les moindres détails de sa méthode de gestion, ainsi que sur les étapes marquantes et les réalisations qu’il a accomplies avec “le Doyen”. Il a également évoqué l’affaire du boycott par l’équipe de la cérémonie de remise des médailles lors de la finale de la Coupe d’Algérie en 2013, décrivant l’histoire du plus ancien club de football en Algérie comme “un film sans fin dont la vérité n’est connue que par les enfants du Doyen”, selon ses mots.
« Des dirigeants au Mouloudia percevaient des salaires mensuels, voire même des primes »
Omar Ghrib a rappelé, au passage, que son nom figurait dans le registre du commerce du club, tout en affirmant : « Les personnes qui étaient avec moi au club ont renoncé à leurs parts d’actions dans le club amateur dans l’intérêt du Mouloudia, et nous ne les avons pas vendues ».
Il a souligné que la majorité des dirigeants des clubs algériens professionnels ne sont pas issus des rangs du club et disposent de contrats de travail leur permettant de percevoir des salaires mensuels.
« Avant mon arrivée au Mouloudia et après mon départ, les dirigeants percevaient des salaires mensuels, certains recevaient même des primes», a ajouté le responsable.
Il a mis au défi toute personne qui tenterait de critiquer sa période de gestion ou ses décisions, qu’il estime avoir été prises dans l’intérêt du Doyen, soulignant qu’ « Il y a des personnes qui parlent du Mouloudia sans même connaître son histoire riche en titres et en trophées ».
« Ils ont fait venir Haimoudi du Maroc pour nous briser »
Par ailleurs, l’ancien coordinateur général du Mouloudia a énuméré les étapes marquantes et les réalisations qu’il a accomplies avec le Doyen : le titre de champion en 2010, la Coupe d’Algérie remportée en 2006, ainsi que l’accession à la finale en 2013 une rencontre marquée par le boycott par l’équipe de la cérémonie de remise des médailles.
« Nous étions meilleurs que l’USM Alger en finale 2013. Le boycott de la remise des médailles a été spontané, car on nous a volé la Coupe, comme en témoigne la manière dont on a perdu, que tout le monde connaît », a déclaré Ghrib, qui est revenu sur la finale de 2024, pour pointer du doigt e président du conseil d’administration du club suite à l’échec face au CR Belouizdad.
À ce propos Ghrib estime que « le comportement du président du conseil d’administration a fait perdre la concentration aux joueurs lors de la finale de l’année dernière », soulignant l’absence de discipline et les comportements négatifs des joueurs la veille du match.
« L’arbitre Djamel Haimoudi nous a brisés lors de la finale de la Coupe en 2013. On l’a fait venir du Maroc, où il était en stage avec la CAF, spécialement pour diriger cette finale », poursuitil.
Et d’ajouter : « Cela s’est produit sous la présidence de Mohamed Raouraoua à la FAF… Vous vous demandez pourquoi ? À vous de tirer les conclusions… N’y avaitil pas d’autres arbitres ? ».
« Environ deux ans après cette finale, Haimoudi m’a contacté par l’intermédiaire d’un ami commun pour me présenter ses excuses », atil poursuivi.
« En 2013, le budget du Mouloudia était de 23 milliards de centimes, alors que notre adversaire en finale, l’USM Alger, avait dépensé 240 milliards de centimes à l’époque», a déclaré Ghrib avant d’ajouter: « L’USM Alger, ce sont nos frères, mais en 2013, nous étions bien meilleurs qu’eux».
Ghrib est également revenu sur l’élimination de son équipe en demifinale de Coupe contre l’ES Sétif, et a déclaré : « L’arbitre ce jourlà était Abdelrazak Aârab. Même si on avait marqué 60 buts, aucun n’aurait été validé », « Ils voulaient nous faire quitter le stade de Bologhine, mais j’étais déterminé à y jouer, et on y a joué. Mais comme vous l’avez vu, il y avait un important déploiement de forces de l’ordre, et même Zetchi était avec eux… Et ce qui devait arriver arriva».
« L’entraîneur Ben Yahia s’est trompé »
Omar Ghrib a critiqué les choix tactiques de l’actuel entraîneur du Doyen, le Tunisien Khaled Ben Yahia, lors du match de la Coupe d’Algérie face au CR Belouizdad, qui a vu l’élimination du MCA. Il a imputé l’entière responsabilité au technicien tunisien, l’appelant à éviter les excès et à ne pas opter pour des choix inefficaces dans ce genre de matchs.
« L’entraîneur Ben Yahia s’est trompé dans ses choix tactiques », atil affirmé, tout en soulignant l’échec du coach à trouver les solutions nécessaires pour mener son équipe à la victoire et à la qualification, et ce malgré le soutien massif dont a bénéficié la formation mouloudéenne de la part de ses supporters, venus en nombre, et les magnifiques animations créées par les fans du club dans les tribunes du stade du 5Juillet à Alger.
« À chaque fois, Ben Yahia déclare : “C’est un grand club”», avant que je ne lui réponde: « Nous n’avons pas besoin de lui pour savoir que le Mouloudia est un grand club, il doit simplement se concentrer sur son travail ».
« L’instabilité au Mouloudia a impacté les résultats de l’équipe »
Par ailleurs, Omar Ghrib n’a pas hésité à critiquer la gestion des présidents successifs à la tête du conseil d’administration du MC Alger, mettant en avant l’inefficacité des décisions prises, en particulier le fait de changer les noms des présidents sans modifier les méthodes de gestion.
« Omar Hadj Taleb, Abdelkrim Raïssi, et Hadj Rachid Raggem se sont succédé à la tête du conseil d’administration, ce qui a nui à la stabilité et aux résultats de l’équipe », a déclaré Ghrib, avant d’ajouter:« Il aurait été préférable qu’ils quittent définitivement le club, pas seulement la présidence».
Enfin, Omar Ghrib a fait éloge à son propre parcours et sa compétence dans la gestion du Mouloudia, qualifiant son passage de réussi à tous les niveaux, en comparaison avec les autres dirigeants du Doyen.
« J’étais meilleur qu’eux, et je ne suis pas là pour me vanter de mes compétences ou de ma gestion, ni de mon amour pour le Mouloudia», atil déclaré.
« Sonatrach nous avait promis 10 milliards puis n’a pas respecté l’accord »
L’ancien coordinateur général du Doyen a poursuivi en évoquant la rareté des subventions et l’absence de soutien financier durant sa gestion du club et affirmé qu’ « Il n’y avait aucune opposition dans le club, lorsque Sadek Amrous a été désigné à la tête de la direction du club amateur du Mouloudia d’Alger, en raison de l’absence de moyens financiers à cette époque, car le club ne disposait que de 10 millions de centimes en caisse. Nous avons assumé la gestion malgré les défis qui attendaient le club, et aucun joueur ne se plaignait».
« Sous la présidence de Mohamed Massaoudi que Dieu ait son âme le club avait obtenu un sponsor à hauteur de 10 milliards de centimes. À l’époque, Chakib Khelil était PDG de Sonatrach. Mais malheureusement, la saison suivante, l’accord passé avec la direction du club n’a pas été respecté, et le Mouloudia n’a pas bénéficié de l’aide financière convenue ».
« Je voulais Belaïli »
Dans un autre registre, Omar Ghrib a évoqué le centre de regroupement et d’entraînement du Mouloudia d’Alger, inauguré dans la région de Zéralda à la fin février dernier. Il s’est dit étonné par le retard dans la réalisation du projet et par la superficie attribuée à ce centre.
« Le club avait obtenu le terrain en 2010 pour réaliser ce projet important, d’une superficie de 3 hectares. Malheureusement, les travaux n’ont démarré qu’en 2023, soit 14 ans plus tard, avant que Sonatrach ne se mobilise pour la construction du centre », atil déclaré.
« Un centre d’entraînement qui ne dispose pas d’au moins 5 à 6 terrains ne peut être qualifié de centre digne d’un club professionnel », a estimé Ghrib.
À la fin de son entretien avec la chaîne El Khabar TV, Omar Ghrib a révélé qu’il s’était intéressé à recruter l’attaquant algérien de l’Espérance de Tunis, Youcef Belaïli, pendant qu’il était à la tête du MCA. Il a exprimé tout son respect pour le natif d’Oran, qu’il considère comme « Le meilleur joueur d’Afrique ».